Serge Bonnet

Serge Bonnet, né le à Sainte-Menehould (Marne) et mort le à Moulins-lès-Metz (Moselle) est un prêtre dominicain et sociologue français. Au cours de sa vie, il exerce notamment les professions de chroniqueur politique, écrivain, universitaire et chercheur au CNRS. Spécialiste des milieux industriels et ouvriers, il est un fervent défenseur de la religion populaire et du rôle des laïcs au sein de l’Église. Prédicateur de talent, il devient également une figure médiatique dans les années 1970 et 1980.

Serge Bonnet naît en 1924 au sein d’une modeste famille d’agriculteurs de Sainte-Menehould, dans la Marne. Enfant, il déteste aller à l’école et au catéchisme mais, adulte, il trouve la foi et entre au sein de l’Ordre des Prêcheurs pour lequel il est ordonné prêtre en 1955. Il prend alors Denis pour nom en religion.

Il est dominicain au couvent de Nancy.

Atteint par la maladie d’Alzheimer, il meurt finalement le à Moulins-lès-Metz, à l’âge de 91 ans. Ses obsèques sont célébrées le 23 décembre suivant en l’église Saint-Charles de Sainte-Menehould, puis il est inhumé dans le cimetière de la commune. Gérard Leclerc lui rend hommage : « Simplement, il avait la liberté ample de l’intelligence et du cœur. C’est sans doute, ce qui explique la nature étonnante de sa culture, apte à voguer des plus grands sommets aux soucis des plus humbles. »

Il est principalement connu pour son travail d’universitaire mené au sein du groupe de sociologie des religions du CNRS. Dès 1977, il est nommé directeur de recherche au CNRS et devient un spécialiste des liens entre religion, politique et vie ouvrière.

Il publie plusieurs ouvrages sur la sidérurgie dont L’homme du fer, qui est considéré comme son ouvrage essentiel. En 1987, il reçoit notamment le Prix Broquette-Gonin de l’Académie française. À sa mort, cette œuvre est toujours une œuvre de référence, qui témoigne également de « son attachement profond à la classe ouvrière ».

En 1981, il publie aussi La « Ligne rouge des hauts fourneaux », consacrée aux grèves du bassin de Longwy en 1905, et qui sert de base aux recherches des historiens et anthropologues.

Selon l’universitaire Yann Raison du Cleuziou, les recherches de Serge Bonnet sur le catholicisme populaire et plus particulièrement sur la prière, la fête et la domination cléricale, « méritent d’entrer dans les classiques des sciences sociales ».

Dans les années 1970, il est chroniqueur politique dans les colonnes du Républicain lorrain. Il est également à l’origine de la création du Village du Livre de Fontenoy-la-Joûte, en Meurthe-et-Moselle, et des Éditions Serpenoise.

Dans les années 1960 et 1970, il défend la qualité spirituelle de la religion populaire qu’il est l’un des seuls à prendre au sérieux. En effet, à cette époque, une partie du clergé considère la dévotion populaire comme une forme de paganisme qu’il faut combattre.

Proche de Raymond Aron, de Daniel Rondeau et de Philippe Ariès, il est aussi admiré par Maurice Clavel. Personnage complexe aux positions iconoclastes, le frère Bonnet devient une figure médiatique dans les années 1970 et 1980. Durant les années 1970, il attaque notamment le néocléricalisme de la gauche chrétienne et défend l’importance de l’autonomie des laïcs au sein de l’Église catholique. En plein milieu des débats liés au Concile Vatican II, il « renvoie dos à dos les traditionalistes et les progressistes » et défend un christianisme incarné ainsi que « la nécessaire liberté de conscience et de dévotion des catholiques ».

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